Bulletin mensuel

« Les bonnes choses n’arrivent que lorsque on renonce à les espérer, à l’inverse, trop espérer, les empêche de se produire », Paul Auster 

 Si cet adage devait être transposé aux marchés financiers, il serait probablement plus opportun de conclure qu’une crainte excessive des événements les empêche de se réaliser… Brexit, Trump, Référundum Italien : les échéances politiques de 2016 avaient en effet engendré un climat d’incertitude dans les salles de marché, électrisant à intervalles réguliers les différentes classes d’actifs. Le Brexit, puis la perspective d’une victoire du candidat populiste étaient ainsi quasi-unanimement perçus par les observateurs comme susceptibles d’entrainer les marchés actions dans les abysses. C’est pourtant la matérialisation du risque « Trump » qui aura marqué le point d’inflexion de la psychologie (parfois capricieuse) des investisseurs. Indice de volatilité (VIX) proche de ses plus bas historiques, performances attractives des principaux indices actions, valeurs bancaires bien orientées… La dynamique du premier semestre 2017 est à première vue bien différente de celle qui prévalait encore une bonne partie de l’année passée. A fin juin, les indices américains S&P500, Dow Jones et Nasdaq affichent en dollars des performances respectives de 8,2%, 8% et 14,1%. Après un parcours chaotique en 2016, l'indice des marchés émergents MSCI Emerging engendre un gain de 17,2%. Si l’heure n’est toujours pas à la surperformance par rapport aux actions américaines, les valeurs européennes tirent leur épingle du jeu. CAC 40 et Eurostoxx 50 engendrent 5,3% et 4,6%. A noter que les petites et moyennes valeurs poursuivent leur marche triomphale : le CAC Mid & Small affiche ainsi une hausse à 2 chiffres (+16,2%) !  

Europe : quand le consensus retrouve de l’optimisme 

L’environnement politique européen a diamétralement changé au cours des derniers mois. Après la vague populiste qui déferla sur les deux pays emblématiques du monde anglo-saxon, les investisseurs accueillirent à bras ouverts l’arrivée d’un pro européen à l’Elysée. Dans une moindre mesure, les scrutins en Autriche et aux Pays-Bas ont contribué à atténuer les craintes d’une déferlante extrémiste sur le vieux continent. L’Europe s’éloigne ainsi peu à peu des premières places du classement des risques identifiés par les opérateurs à travers le monde. La croissance tend à l’accélération et pourrait atteindre les 2% dans l’Euroland cette année. L’heure n’est plus à l’austérité budgétaire et l’accalmie sur le front de l’emploi soutient la consommation.  Après des années de réduction des coûts et de gel des investissements, les entreprises européennes pourraient profiter de ce climat moins anxiogène. Le retour, bien que timide, de la croissance pourrait surtout leur permettre d’accroitre leurs marges. 

Les risques à surveiller 

L’amélioration de la croissance économique porte aussi un risque lié aux anticipations de resserrement de la politique monétaire. Les dernières semaines ont permis de mesurer son impact sur les actifs financiers (baisse des valeurs sensibles aux taux d’intérêt, appréciation de l’Euro). Pour le moment ce risque semble contenu par un marché du travail loin de la surchauffe. 

L’imprévisibilité du président américain figure en tête de liste des éléments à surveiller. Pour l’instant incapable de faire passer ses promesses phares, il faut espérer que Donald Trump ne se tournera pas vers la géopolitique pour masquer ses éventuels échecs en politique intérieure. Le monde paye encore aujourd’hui les pots cassés des deux mandats de George W. Bush… 

S’il ne monopolise plus les premières pages des éditoriaux financiers, le risque chinois ne s’est, par ailleurs, pas pour autant éteint.  L’Empire du Milieu reste le plus gros risque macroéconomique de la planète. Lorsque la Chine a réussi à surmonter le stress lié aux sorties de capitaux et à la dévaluation du Yuan via un accroissement de sa dette, les investisseurs mondiaux ont progressivement détourné leur attention… bien aidés par l’apparition dans la lunette des autres thématiques évoquées précédemment. La transformation du modèle chinois reste toujours un exercice de pilotage de haute voltige pour les autorités. A l’instar de ce que nous avons pu connaître dans le monde occidental, les dirigeants peuvent se retrouver pris au piège des décisions passées. Un resserrement monétaire pourrait s’avérer judicieux afin de freiner l’explosion du crédit… mais fragiliserait l’activité économique et pourrait remettre l’économie du pays dans l’œil du cyclone des marchés. A l’inverse, l’intensification des réformes structurelles menacerait la « vieille » économie chinoise, maintenue en vie par la dette. Un jeu d’équilibriste qu’il convient de garder à l’esprit tant il est probable qu’il refasse un jour son retour sur le devant de la scène. 

Comme souvent, l’approche la plus opportune face à cet environnement se doit d’être centrée sur la gestion du risque. Les opportunités se font moins nombreuses… mais continuent d’exister. Face aux gains engendrés sur les marchés actions, des prises de bénéfices ces dernières semaines ont ainsi pu se justifier. La cherté du marché américain couplée à l’amélioration des perspectives de l’Euroland milite pour une surpondération des valeurs européennes. La profondeur du gisement des petites et moyennes valeurs est quant à elle toujours terre d’opportunité. 

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